« Aime ton prochain », nouvelles de Stéphane Blanchet


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Avez-vous déjà envisager de manger votre meilleur ami ? De pratiquer le stock-car avec des cervidés ? Ou de confectionner des colliers de mouches pour vos petites amies ? Saviez-vous qu’il suffit de quatre aérosols de laque capillaire pour tuer un homme ?

Ce sont quelques unes des folles déviances qui vous attendent au fil des pages de ce recueil de douze nouvelles. Les personnages de « Aime ton prochain » sont déjantés, pathétiques, dérangeants, et pourtant profondément humains. Comme nous, ils recherchent l’amour, la reconnaissance et le bonheur.

Mais quand la quête tourne à l’obsession, il est aisé de trébucher et de tutoyer dangereusement la ligne à ne pas franchir…

Quel bonheur que cette lecture ! 12 nouvelles parfaitement menées où je me suis délectée de personnages totalement amoraux, de situations d’ordinaire cauchemardesques.

Alors si, comme moi, vous bridez vos remarques caustiques et vos pulsions perverses, lisez, lisez et révélez votre part d’ombre et votre sadisme – je ne juge personne, hein, c’est la nature humaine ! – en découvrant les personnages de Stéphane Blanchet.

En achevant ce recueil, j’ai presque hésité à plomber de chevrotine mon voisin qui s’évertue à passer le rotofil, le dimanche à huit heures ! Pour une fois, à bas la bienséance !

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Extrait

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« La quête du temps – Tome 1 : Errances » de Lise Barrow

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Mais qui est donc ce mystérieux étranger que Chanasa a recueilli inconscient et lourdement blessé sur le chemin, au mépris des règles des rebelles ? Un homme en fuite, qui erre dans le royaume des Terres Centrales. Un homme marqué d’un tatouage singulier, poursuivi par des individus énigmatiques et dangereux. Un homme doté d’un pouvoir stupéfiant… Face aux sombres menaces qui pèsent sur le futur, la jeune femme ne peut en démordre : elle sait que cet étranger est important. Malheureusement, il a perdu tous ses souvenirs et il semble bien que seuls ses ennemis détiennent les clés de son passé. Parviendra-t-il à retrouver la mémoire avant que la terre ne sombre dans le chaos et ne les engloutisse tous ?

Grâce à Gaëlle Guitton et aux éditions ‘La plume et le parchemin’ qui m’ont gentiment proposée ce Service Presse, j’ai eu la chance de découvrir ce roman Fantasy Médiéval, genre qui n’est d’ordinaire pas celui que j’affectionne le plus. Et bien ma lecture fut un réel plaisir !

L’auteure maîtrise son écriture : c’est fluide, agréable, et semé ça et là de quelques termes d’époque qui campent d’autant mieux le décor. Lise Barrow prend soin des détails qui font la différence, elle peaufine les caractères des nombreux personnages, ce qui les rend facilement identifiables. Et on s’attache, forcement, surtout à Nik et Chanasa, les protagonistes principaux avec leurs personnalités hautes en couleur !

Après un prologue énigmatique, mais que j’ai gardé en mémoire durant toute ma lecture en évoquant mille hypothèses pour le relier au roman, j’ai donc suivi les aventures d’un curieux Nik aux yeux émeraude et aux pouvoirs étranges en sus d’être un incroyable combattant. Son destin le pousse vers le clan opposé à la royauté en place par le biais de Chanasa, leur guérisseuse.

Entre guerres de pouvoir, idylle naissante, trahisons, quête d’identité et un mystérieux petit groupe d’hommes inconnus de tous, pas de temps mort ! J’ose donc un 4/5 pour l’addictif et un 5/5 pour l’intrigue et la maîtrise de ce premier tome. Tout n’y étant pas révélé – c’est le principe même d’une saga -, j’attends la suite avec impatience !

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« Starters » de Lissa Price

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Vous rêvez d’une nouvelle jeunesse ? Devenez quelqu’un d’autre.
Règles s’appliquant à la clientèle de Prime destinations
1) N’oubliez pas que le corps dont vous êtes locataires est celui d’une jeune personne.
2) Il vous est strictement interdit de le modifier ou de le blesser.
3) Toute activité illicite entraînera l’annulation de votre contrat.
Le corps que vous avez loué nous appartient.

Dans la lignée des « Hunger Games », « Labyrinthe » et autres « Divergente », nous voici plongé dans un monde post-apocalyptique. Une guerre bactériologique, la guerre des spores, a donné naissance à un pays où seuls deux catégories d’humains ont pu survivre : les Enders (les vieux, genre 90 ans et plus, mais très bien conservés grâce aux avancées fulgurantes de la science) qui gouvernent et monopolisent les emplois, et les Starters (les jeunes), utilisés comme esclaves ou internés en hôpitaux psychiatriques s’ils ne possèdent plus de grands-parents ou d’arrière grands-parents pour se porter garants.

Callie, 16 ans, orpheline, a su éviter les rafles. Elle survit en squattant les immeubles désaffectés qui pullulent dans certains quartiers en ruine, avec pour seule mission de garder en vie (et libre) son jeune frère de 7 ans.

Néanmoins, l’état de santé de son frère nécessitant des soins en urgence, elle n’a plus d’autre choix que celui évoqué sous le manteau : se rendre chez « Prime Destination » pour y monnayer son corps. La location ne devrait durer que quelques jours, quelques jours où un Ender prendrait possession d’un corps plein de vitalité pour se remémorer ses jeunes années.

L’aventure va bien évidemment se corser lorsque se détraque la puce neuronale qui lie Callie, la donneuse, à Héléna, sa locataire, et que l’adolescente découvre les sombres desseins de son hôte.

J’avoue que je ne me suis pas particulièrement attachée au personnage de Callie, probablement parce que ses réactions d’adolescente, sa naïveté et ses premiers émois ne sont plus en adéquation avec moi (qui suis une Ender, mais une jeune Ender). Je l’ai trouvée un peu trop lisse, un peu trop sage pour le monde soi-disant chaotique dans lequel elle vit.

Par contre, sa quête de vérité sur l’étrange agence de location, qui cache en réalité un vaste complot visant les Starters, est complètement prenante. Peu de répits, beaucoup de rebondissements… avec un peu de romance quand même, pour plaire au plus grand nombre !

Pour conclure, je vois ce livre comme un très agréable roman d’anticipation pour adolescents. Un adulte qui le lirait y trouverait probablement un léger manque de profondeur dans le contexte, des dénonciations pas assez virulentes de la société de consommation régie par l’argent et les inégalités sociales, l’absence de détails sur la guerre en elle-même (période à peine survolée dans le livre) et l’élimination des Middlers. C’est d’ailleurs sur ce seul point que je poserai un bémol, en signe de ma légère frustration. Mais cela ne m’empêchera pas de me plonger dès que possible sur le tome 2 : « Enders » (My God, quelle imagination, je ne m’y attendais pas à ce titre-là !)

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« Son sweat-shirt à capuche a glissé de l’une de ses épaules, révélant la cicatrice de son vaccin. Je la touche du doigt avec un sentiment de reconnaissance. Sans elle, on serait tous morts, comme nos parents. Ou comme toute personne entre vingt et soixante ans. 
De même que les Enders plus âgés, nous (les Starters) sommes les plus vulnérables. C’est pour cette raison que le gouvernement nous a fait vacciner en premier contre les spores du génocide. Et, aujourd’hui, nous formons les dernières poches de survivants. Quelle ironie du sort ! »

« — Vous serez totalement endormie. La locataire prendra alors mentalement possession de votre corps. Puis elle répondra à une série de questions afin que l’équipe s’assure que tout fonctionne normalement. Après cela, elle sera libre de profiter à sa guise du corps qu’elle a loué. (…) Le corps garde en mémoire son activité musculaire si bien que la locataire sera capable de pratiquer tous les sports que vous maîtrisez. Le temps de location imparti écoulé, la cliente revient ici. (…)
— Et s’il m’arrive un truc pendant qu’elle est dans mon corps en train de faire du snowboard ou de la plongée ? Si jamais je suis blessée ?
— Le cas ne s’est jamais produit. Nos locataires s’engagent par contrat à des responsabilités légales et financières. Et croyez-moi, tous nos clients aspirent à récupérer leur acompte !
A l’entendre, je ne suis qu’une simple voiture de location. Des frissons remontent le long de ma colonne vertébrale. (…) Inquiète, je demande :
— Et la puce ?
— On l’enlève au terme de votre troisième contrat de location. »

 

« Comment se débarrasser d’un vampire amoureux » de Beth Fantaskey

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Jessica attendait beaucoup de son année de Terminale : indépendance, liberté, fêtes… Elle n’avait certainement pas vu venir Lucius Vladescu ! Adoptée seize ans plus tôt en Roumanie, Jessica découvre avec stupeur qu’elle est fiancée à un prince vampire depuis sa plus tendre enfance, et qu’il a bien l’intention de réclamer sa promise. Séduisant, ténébreux, romantique, Lucius est persuadé que Jessica va lui tomber dans les bras. Malheureusement, la jeune fille a d’autres projets et pas la moindre envie de suivre un inconnu en Roumanie, tout prince vampire qu’il soit.

OK, il parait qu’à cheval donné, on ne regarde pas les dents. Mais bon, se retrouver avec une vieille carne souffreteuse, c’est pas franchement la panacée non plus…

Voilà ce que j’ai pensé en attrapant ce livre dans la pile de ceux qu’une copine venait de me refiler. Bon pied bon œil, mais à reculons, avec – vous l’avez compris – un évident a priori : un titre « pas folichon », une couverture peu accrocheuse et un résumé qui laisse présager une histoire gnangnan d’adolescents énamourés sur fond de buveurs de sang immortels.

Et quelque part, c’est un peu ça, SAUF si vous ouvrez le livre après l’incantation trois ou quatre fois répétée – un peu plus peut-être pour les cinquantenaires comme moi – : « souviens-toi de tes jeunes années, quand t’avais rien vécu, quand t’avais 18 ans… ». Et là, ça y est, vous êtes dans le bon état d’esprit pour apprécier !

Parce que je plaide coupable, ma première impression était fausse. Ce livre fut un agréable divertissement – pas une œuvre majeure, hein, on est bien d’accord ! –. Alors oui, il faut se remémorer et s’immerger dans cette époque lointaine de nos premiers émois, mais passé ce cap, l’ensemble est fort bien mené et pas niais pour deux sous en plus d’être plutôt bien écrit (et traduit de l’anglais). C’est gai, c’est frais, c’est assez addictif en fait !

Jessica est un personnage attachant qui a les pieds sur terre. Cartésienne, elle ne croit ni aux vampires ni à ce pacte qui fait d’elle une future cheffe de clan au fin fond de la Roumanie. L’arrivée de son prétendu « fiancé » n’est qu’une mauvaise blague : il va juste lui bousiller sa si prometteuse année de Terminale. Quant à Lucius, auréolé de mystère et de cette fameuse attraction animale propre à tout bon vampire, il m’a fait sourire (dans le bon sens du terme, je précise). Les manières d’un autre âge de ce Grand Prince des Ténèbres tout droit sorti de ses Carpates natales sont un superbe pendant aux « mœurs légères » des jeunes mortels américains. Le choc des cultures, dirons-nous !

Pour les personnages secondaires, une mention spéciale aux parents adoptifs de Jessica, écolos et végétariens. Assez cocasse quand on élève une princesse vampire en devenir !

En résumé, une énième histoire de vampire, oui. Que j’aurai classé dans la catégorie « Pour adolescents », oui… avant de me souvenir que je n’en suis plus une depuis longtemps et que, pourtant, j’ai été séduite. Donc : « Pour tous ceux qui aiment les comédies romantiques fantastico-vampiriques et qui veulent passer un bon moment sans prise de tête ».

*

« Je lançais un coup d’œil vers la route, le cœur battant la chamade. Mais où était ce maudit bus ? Et pourquoi fallait-il que mon père m’oblige à prendre les transports en commun alors que j’aurais pu avoir une voiture, comme la plupart des élèves de terminale ? Bien sûr, il fallait que je préserve l’environnement” ! Et je parie que si je m’étais fait enlever par ce type louche, papa aurait insisté pour que mon avis de recherche n’apparaisse que sur des briques de lait en carton recyclé… »

« Impossible de réaliser ce qu’il venait de me dire sur le mariage ou sur ce qui avait été « décrété ». Il m’avait traitée de « vampire ».
Cinglé. Lucius Vladescu était complètement cinglé. Et j’étais toute seule avec lui, dans une écurie déserte. Alors, je fis ce que n’importe quelle personne sensée aurait fait : je lançai la fourche vers ses pieds et me mis à courir comme une folle vers la maison, ignorant ses hurlements de douleur. »

« – Essaie cette robe.
– J’ai déjà plein de vêtements, protestai-je.
– Oui. Et tu ferais bien de tous les jeter. Et en particulier ce tee-shirt avec le cheval blanc, le cœur et la lettre I dans le fond. Qu’est-ce que ça veut dire ?
– I love les chevaux arabes. Pour dire que j’aime les chevaux arabes, expliquai-je.
– J’aime la viande saignante, mais ce n’est pas pour autant que je porte la photo d’un steak cru sur le torse. »

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« Robe de marié » de Pierre Lemaitre

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Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape…

Nouvelle plongée dans les esprits tourmentés, pour ne pas dire franchement dérangés, des personnages de Pierre Lemaitre, et une nouvelle fois, j’ai été transportée. Non, délicieusement désorientée serait le mot juste. Je m’attendais à ce que l’auteur me (mal)mène – de main de maître, ça va de soi – tranquillement du point A au point B, avec une bonne dose de suspense entre les deux, mais non, il m’a trimbalée, le bougre !

Le récit s’articule en trois parties : le point de vue de Sophie, notre héroïne, sur le dérapage (incontrôlé) de son existence, la lecture d’un journal intime – à vous rendre paranoïaque –, et la vie de Sophie avec son nouveau compagnon, Frantz. Trois parties, trois visions différentes.

Pour ne pas divulgâcher l’intrigue, je ne dirais que quelques mots sur le personnage central lorsque nous le découvrons : Sophie est dépressive. Non, pire, Sophie est carrément pas nette dans sa tête et sujette aux trous de mémoire. Et lorsqu’elle sort de ces phases d’absence, c’est pour se découvrir à côté d’un cadavre. Flippant, non, d’être une meurtrière et de n’en avoir aucun souvenir ! Alors, bien évidemment, Sophie va fuir pour échapper à la justice et tenter de remettre de l’ordre dans cette vie qu’elle ne maîtrise plus…

Je pensais lire une longue et trépidante cavale. J’ai été piégée, c’est bien pire que ça : c’est un guet apen machiavélique… que je vous laisse découvrir !

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« Les gens heureux lisent et boivent du café » de Agnès Martin-Lugand

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 » Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.  » Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

*

Voilà, le petit livre est refermé… Petit, oui, parce que 186 pages en version poche, ben ça ne fait pas bézef, et ce n’est pas plus mal !

Pourtant l’idée de départ n’était pas inintéressante : la reconstruction après un deuil (double même : mari et fille), on ne peut que compatir. Et c’est bien sur ce seul passage du livre (soit trois chapitres) que j’ai eu quelques menus frissons d’empathie et un vague engouement.

Parce qu’hélas la suite – l’arrivée de notre héroïne sur des terres irlandaises reculées et les rencontres « trépidantes » qu’elle va y faire – va s’avérer d’une platitude, d’une « niaiserie » assez affligeante. Notre Diane est comme elle est (on a fini par s’y faire): effondrée, larmoyante, hystérique ou amorphe. Mais Edward, le photographe irlandais bourru, asocial – mais qui va lui redonner goût à la vie en deux temps trois mouvements – et les personnages secondaires – un en particulier, mais je ne vais pas vous divulgâcher l’intrigue – sont, eux, caricaturaux !

Pour conclure, je dirais que cette lecture était mignonnette parce que pas trop mal écrite, mais convenue, prévisible et somme toute insipide. Une tranche de vie d’un an qui m’a finalement laissée de marbre !

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« Psycho Killer » de… Anonyme (wtf ? Ça commence bien !)

 

Tout semble paisible à B Movie Hell. Jusqu’à ce qu’un tueur mystérieux – sous un masque en forme de crâne surmonté d’une crête rouge – se mette à assassiner très tranquillement certains habitants de la ville. Le FBI confie l’affaire à Milena Fonseca et Jack Munson, dit le Fantôme, deux spécialistes des opérations clandestines. Mais bientôt des liens apparaissent entre cette terrifiante série de meurtres et un projet top secret du Département d’État. Les habitants de B Movie Hell sont bien résolus à mettre fin eux-mêmes et sans l’aide de personne à cette situation cauchemardesque…

Cet Anonyme est aussi l’auteur de « l’œil de la lune », « Le cimetière du diable », Le livre de la mort », « Sanchez: un conte de Noel », « Le pape, le kid et l’iroquois », « Le livre sans nom », « Bourbon kid » et « Que le diable l’emporte ».

Ne vous y trompez pas, ce thriller est à prendre pour ce qu’il est, un cliché du genre, une véritable parodie des films gore tels qu’« Halloween », « Scream » ou « Souviens-toi l’été dernier »… et je l’ai dévoré en trois jours, c’est vous dire que j’ai aimé. Pas de prise de tête psychologique, on se laisse bêtement porter et l’intrigue file toute seule, comme dans ces films de série B !

La recette : des personnages et des situations caricaturales (mais très bien écrit, je vous rassure). Nous avons l’ex-agent secret, dit « le fantôme », as-been et alcoolique, la petite bourgade de bouseux sous la coupe bienveillante d’un mafieux obsédé sexuel, des prostituées pas futées, des flics corrompus… et un tueur très très méchant et complètement psychopathe (mais c’est pas sa faute, bien sûr, ce sont les expérimentations secrètes du gouvernement qui l’ont rendu comme ça !)

Et puis il y a des rebondissements. Du sang. Des révélations. Du sang (oui, c’est crado, des meurtres avec un couperet bien aiguisé, ça gicle partout !)… Et un final à l’américaine (profonde), avec coucher de soleil et tout le tralala.

Alors, si vous voulez lire du thriller sans avoir peur, n’hésitez pas, c’est le livre qu’il vous faut !

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« Alex » de Pierre Lemaitre

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Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne. Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible.

Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes pendant de nombreuses années, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale. 

Auteur de romans policiers (« Robe de marié », « Alex », « Sacrifices ») et de romans noirs (« Trois jours et une vie »), il est unanimement reconnu comme un des meilleurs écrivains du genre et récompensé par de très nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. En 2013, il obtient le prix Goncourt pour « Au revoir la -haut ».

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Mon avis général en refermant le livre : Pierre Lemaitre est une valeur sûre si l’on souhaite se plonger dans un polar.

L’histoire vous accroche et vous prend aux tripes dès la première seconde ; c’est glauque, malsain, intrigant. Aucun temps morts lorsque nous sommes en présence d’Alex. Par contre, j’ai eu plus de mal à m’immerger dans les passages avec les enquêteurs. Sans aller jusqu’à dire que je me suis ennuyée, il est clair que j’attendais le « retour » d’Alex avec impatience.

J’avoue que la façon d’écrire m’a un peu déroutée, et ce tout au long du roman : phrases qui n’en finissent pas, langage parlé, parfois des idées qui passent du coq à l’âne comme si nous étions dans la tête du personnage. Peut-être tout simplement parce que j’aime la fluidité des belles phrases, question de feeling qui ne se discute pas. Certains diront que c’est ce qui apporte du rythme au récit. Moi, ça m’a plutôt obligé à relire plusieurs fois des passages pour intégrer l’idée !

Il n’empêche que l’ensemble fonctionne, que je n’ai pu que ressentir de l’empathie pour Alex… beaucoup moins pour l’inspecteur Camille Verhoeven, son physique atypique et son passé tourmenté.

Une lecture très agréable donc, qui déroute par ses rebondissements, qui tient largement en haleine et que je ne développerais pas plus sous peine de vous divulgâcher l’intrigue ! (oui, oui, j’ai décidé de franciser « spoiler », je trouve le mot très rigolo)

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« Et vous, qu’auriez-vous fait à ma place ? » de Charlie Spin

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Dites-moi… Ça vous est déjà arrivé de mourir ?
Moi oui. Je m’appelle Clément Lastier et voici mon histoire.
J’ai été jeté depuis le toit d’un immeuble. Quelques heures plus tard, je me suis retrouvé à l’hôpital, dans le coma. C’est là qu’elle est venue me chercher. Elle. Jade, chargée d’embarquer les Nouveaux-Morts vers la Zone. Elle pensait que mon heure était arrivée. Moi aussi.
Mais elle s’est trompée. C’est mon voisin de chambre qui aurait dû partir. Alors, je suis revenu. Revenu à la vie. Dans son corps à lui. Celui d’un milliardaire.
Et vous, qu’auriez-vous fait à ma place ?

Comme l’explique la quatrième de couverture, nous faisons donc la connaissance de Clément Lastier, jeune homme de milieu modeste, sans problème, qui, par un malheureux concours de circonstances, est assassiné la même nuit et au même endroit qu’un autre jeune homme, issu d’une richissime famille, lui, Clément Pinelli. Et lorsque Jade, fantôme préposé à accompagner les âmes jusqu’à « l’Aérogare », se trompe de client, que Lastier perd définitivement son corps à l’hôpital et qu’il doit s’incruster dans celui de son voisin de chambre, Pinelli, l’affaire se corse. D’autant que le fameux Clément Pinelli, sous ses airs de jet-setter bien sous tous rapports, recèle de nombreuses parts d’ombre que notre malchanceux Clément Lastier découvrira petit à petit en intégrant son monde de nantis…

En débutant ce livre, au vu du résumé, je m’attendais presque à une version inversée de « Drop Dead Diva », les tribulations loufoques d’un jeune désargenté dans la peau d’un riche héritier. Eh bien pas du tout, mais vraiment pas du tout ! Nous découvrons là une véritable enquête policière menée par Clément pour découvrir la raison de son meurtre et accessoirement de celui de l’infortuné dont il a pris l’enveloppe corporelle. A cela s’ajoute une immersion dans le monde estudiantin de la faculté de médecine, un fantôme peu loquasse et des crises existentielles à répétition. Qui suis-je désormais : toujours moi ou lui ? Avais-je le droit de lui voler son corps ? Dois-je marcher dans ses pas ou poursuivre mes propres aspirations ? Dois-je oublier ma vie d’avant, ma famille, mes amis ?

Et je dois avouer que l’histoire tient en haleine, que les rebondissements et les révélations s’enchaînent, que le suspense demeure jusqu’à la dernière page.

Après, voila, malgré une intrigue plutôt bien ficelée, j’ai achevé ma lecture pétrie d’incertitudes et surtout d’un sentiment d’inachevé. Parce que je suis pointilleuse. Parce que je suis maniaque et perfectionniste. Parce que je lis beaucoup de manuscrits auto-édités, que peu m’emballent, et que lorsque je tombe sur un qui tient franchement la route, sans fautes d’orthographe (gros bon point, c’est hélas assez rare), je ne peux m’empêcher d’avoir envie de hurler : « Mais, flûte, zut, crotte et poil de rat, pourquoi l’auteure n’a pas été jusqu’au bout du bout ? ».

Alors oublions les cafouillages entre passé-simple et passé-composé, les phrases parfois maladroites, les répétitions de mots, les erreurs de ponctuation, les coquilles (mots en trop ou oubliés) dues aux multiples modifications du texte et même la mise en page de la version papier qui ne m’a pas facilitée la lecture, pour nous concentrer sur l’essentiel : ce premier roman est un bon galop d’essai, il a du potentiel et…

Message à l’auteure : J’ATTENDS UNE SUITE AVEC JADE EN PERSONNAGE PRINCIPAL !

Car oui, je finis ce livre avec un impétueux besoin d’une suite, car tout n’a pas été dit, trop d’interrogations restent en suspens.

Bref… Je n’ai pas été tendre ni complaisante dans ma chronique, je n’ai pas non plus caressé dans le sens du poil, et j’assume. Les auteures qui me connaissent comme correctrice le savent et ne s’en offusquent pas puisque c’est le meilleur moyen de progresser, surtout lorsque l’écrit recèle un réel potentiel. Alors lisez-le, c’est franchement, franchement, franchement une agréable découverte !

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« Le souffle des feuilles et des promesses » de Sarah McCoy

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Hallie Erminie, issue d’une famille de planteurs du Kentucky, est une jeune femme de caractère. À New York, où elle s’est mis en tête de trouver un éditeur qui publierait son premier roman, elle fait la connaissance de Post Wheeler, un journaliste célibataire et fier de l’être. Sous des abords arrogants et rustres, il est en fait d’une compagnie agréable.
Tous deux discutent à bâtons rompus de la vie culturelle new-yorkaise, bouillonnante en cette fin de XIXe siècle, et s’attachent l’un à l’autre sans oser se l’avouer. Malheureusement, quand Post part pour l’Alaska du jour au lendemain, la possibilité d’une histoire d’amour s’évanouit.
Commence alors un chassé-croisé, des États-Unis à l’Italie en passant par l’Angleterre et la France. À chacune de leurs rencontres, les sentiments des deux jeunes gens ne font que croître. Le destin les réunira-t-il enfin ?
Sarah McCoy est une romancière américaine née en 1980.
Fille de militaire, elle a déménagé toute son enfance au gré des affectations de son père. Elle a ainsi vécu en Allemagne, où elle a souvent séjourné depuis. Elle vit désormais à El Paso, au Texas, avec son mari.
Autres romans à son actif
– « Un goût de cannelle et d’espoir »
– « Un parfum d’encre et de liberté »

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Ah, ce titre, il m’a quelque peu intrigué lorsque j’ai choisi – à la va-vite, j’avoue – ce livre à la bibliothèque. Je souhaitais une lecture légère, j’ai eu une lecture légère… et le titre est resté un mystère en refermant le livre. Mais finalement, est-ce si important ? J’avoue que si, un peu quand même, pour moi en tout cas.

Le point sympathique, c’est que je n’ai eu aucun mal à visualiser l’héroïne, Hallie. Je l’ai immédiatement associée à Scarlett de « Autant en emporte le vent ». Même époque, même milieu, la demoiselle est néanmoins plus sage et, surtout, éprise d’écriture. Post en Rhett Butler ? Peut-être, bien que je ne me sois à aucun moment posé la question tant le personnage m’a si peu intrigué (oups, désolée !).

Alors, me direz-vous, ai-je, malgré ces légers bémols, apprécié ma lecture ? Eh ben oui, sinon j’aurais refermé le bouquin avant la fin !

L’histoire est agréable – mais sans grandes envolées –, le dénouement rapidement prévisible – la pauvre Sarah n’a pu faire autrement, l’histoire est véridique –. Mais il n’empêche que j’ai apprécié les péripéties de ce couple qui joue au chat et à la souris, au « je t’aime, moi non plus », autant que les incessants rappels historiques, comme la Ruée vers l’or, pour ne citer que lui.

Néanmoins, j’avoue que ma curiosité d’auteure a été bien plus attisée par l’enchaînement des événements menant cette jeune écrivaine de romances, un peu malmenée par le puritanisme américain de l’époque, à la notoriété mondiale. Ah, si nous pouvions avoir aujourd’hui des éditeurs aussi impliqués dans la promotion de nos ouvrages que ce monsieur Wheeler, nous serions tous comblés ! Mais autres temps, autres mœurs…

Bref, une lecture agréable, une écriture – et une traduction ! – fort bien maîtrisée.

Un livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais qui a eu le mérite de me faire passer un bon moment.

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Petite citation qui, en tant qu’auteure, m’a particulièrement marquée (page 102):
« Je ne pouvais le nier: je m’étais enorgueillie de mon titre d’auteur, mais je n’avais rien fait pour le mériter, comme un enfant qui apprendrait un livre par cœur sans avoir jamais appris l’alphabet. Je ne m’étais jamais consacrée à l’étude de l’écrit.
La nuit tomba comme une enclume. Je restais là à cacher mon indignation, horrifiée. Comment n’avais-je pas vu cette évidence avant ? Ma seule lueur d’espoir venait de mon réel désir de créer, de transmettre des histoires fortes et vraies.
Je ne pouvais appeler cela ni génie ni même talent. Ces traits-là, je les avais vus chez Alice Ives, Stephen Crane et les membres du Lanthorn Club. Je n’avais pas l’étincelle du prodige. Ce que j’avais en revanche, c’était mon obstination à écrire un livre digne de l’encre dépensée. »

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