« Starters » de Lissa Price

51zsoUinNmL

Vous rêvez d’une nouvelle jeunesse ? Devenez quelqu’un d’autre.
Règles s’appliquant à la clientèle de Prime destinations
1) N’oubliez pas que le corps dont vous êtes locataires est celui d’une jeune personne.
2) Il vous est strictement interdit de le modifier ou de le blesser.
3) Toute activité illicite entraînera l’annulation de votre contrat.
Le corps que vous avez loué nous appartient.

Dans la lignée des « Hunger Games », « Labyrinthe » et autres « Divergente », nous voici plongé dans un monde post-apocalyptique. Une guerre bactériologique, la guerre des spores, a donné naissance à un pays où seuls deux catégories d’humains ont pu survivre : les Enders (les vieux, genre 90 ans et plus, mais très bien conservés grâce aux avancées fulgurantes de la science) qui gouvernent et monopolisent les emplois, et les Starters (les jeunes), utilisés comme esclaves ou internés en hôpitaux psychiatriques s’ils ne possèdent plus de grands-parents ou d’arrière grands-parents pour se porter garants.

Callie, 16 ans, orpheline, a su éviter les rafles. Elle survit en squattant les immeubles désaffectés qui pullulent dans certains quartiers en ruine, avec pour seule mission de garder en vie (et libre) son jeune frère de 7 ans.

Néanmoins, l’état de santé de son frère nécessitant des soins en urgence, elle n’a plus d’autre choix que celui évoqué sous le manteau : se rendre chez « Prime Destination » pour y monnayer son corps. La location ne devrait durer que quelques jours, quelques jours où un Ender prendrait possession d’un corps plein de vitalité pour se remémorer ses jeunes années.

L’aventure va bien évidemment se corser lorsque se détraque la puce neuronale qui lie Callie, la donneuse, à Héléna, sa locataire, et que l’adolescente découvre les sombres desseins de son hôte.

J’avoue que je ne me suis pas particulièrement attachée au personnage de Callie, probablement parce que ses réactions d’adolescente, sa naïveté et ses premiers émois ne sont plus en adéquation avec moi (qui suis une Ender, mais une jeune Ender). Je l’ai trouvée un peu trop lisse, un peu trop sage pour le monde soi-disant chaotique dans lequel elle vit.

Par contre, sa quête de vérité sur l’étrange agence de location, qui cache en réalité un vaste complot visant les Starters, est complètement prenante. Peu de répits, beaucoup de rebondissements… avec un peu de romance quand même, pour plaire au plus grand nombre !

Pour conclure, je vois ce livre comme un très agréable roman d’anticipation pour adolescents. Un adulte qui le lirait y trouverait probablement un léger manque de profondeur dans le contexte, des dénonciations pas assez virulentes de la société de consommation régie par l’argent et les inégalités sociales, l’absence de détails sur la guerre en elle-même (période à peine survolée dans le livre) et l’élimination des Middlers. C’est d’ailleurs sur ce seul point que je poserai un bémol, en signe de ma légère frustration. Mais cela ne m’empêchera pas de me plonger dès que possible sur le tome 2 : « Enders » (My God, quelle imagination, je ne m’y attendais pas à ce titre-là !)

téléchargement

Lien Amazon

*

« Son sweat-shirt à capuche a glissé de l’une de ses épaules, révélant la cicatrice de son vaccin. Je la touche du doigt avec un sentiment de reconnaissance. Sans elle, on serait tous morts, comme nos parents. Ou comme toute personne entre vingt et soixante ans. 
De même que les Enders plus âgés, nous (les Starters) sommes les plus vulnérables. C’est pour cette raison que le gouvernement nous a fait vacciner en premier contre les spores du génocide. Et, aujourd’hui, nous formons les dernières poches de survivants. Quelle ironie du sort ! »

« — Vous serez totalement endormie. La locataire prendra alors mentalement possession de votre corps. Puis elle répondra à une série de questions afin que l’équipe s’assure que tout fonctionne normalement. Après cela, elle sera libre de profiter à sa guise du corps qu’elle a loué. (…) Le corps garde en mémoire son activité musculaire si bien que la locataire sera capable de pratiquer tous les sports que vous maîtrisez. Le temps de location imparti écoulé, la cliente revient ici. (…)
— Et s’il m’arrive un truc pendant qu’elle est dans mon corps en train de faire du snowboard ou de la plongée ? Si jamais je suis blessée ?
— Le cas ne s’est jamais produit. Nos locataires s’engagent par contrat à des responsabilités légales et financières. Et croyez-moi, tous nos clients aspirent à récupérer leur acompte !
A l’entendre, je ne suis qu’une simple voiture de location. Des frissons remontent le long de ma colonne vertébrale. (…) Inquiète, je demande :
— Et la puce ?
— On l’enlève au terme de votre troisième contrat de location. »

 

Un commentaire sur « « Starters » de Lissa Price »

Les commentaires sont fermés.